Le mot droit est un signifiant qui a plusieurs signifiés cette polysémie implique que cette discipline a des traits communs et sémantiques avec d'autres disciplines.
Le droit contient des règles, mais toutes les règles ne sont pas juridiques et il est parfois difficile de distinguer ce qui sépare le droit des autres disciplines( morale ou la religion).
La morale peut être définie comme " la maîtrise des entraînements instinctifs et passionnels et la poursuite d'un idéal de perfection individuel plus ou moins élevé " . Elle peut être morale privée, se confondant alors avec la conscience ou morale sociale, l'idéal auquel elle se réfère n'étant plus la personne humaine, mais un homme social, dans cette optique on assiste à une conscience collective.(Durkheim)
Le droit est de tout truisme cossu par des principes dans le choix de ses impératifs et il n'est donc pas toujours coulant de le dépister de la morale (exemples de l'interdiction de l'inceste ). Dans cette optique, le droit moralise les comportements sociaux.
Cependant, la morale et le droit ne couvrent pas toujours les mêmes domaines.Un auteur romain, avait déjà admis que " tout ce qui est permis n'est pas honnête " . Cela signifie que tout ce qui est licite n'est pas infailliblement moral. Par exemple, l'adultère n'est plus aujourd'hui une infraction pénale dans certains pays développés, alors qu'il reste pour beaucoup une faute morale,il en est autrement en droit Marocain car l'adultère est une infraction sanctionné par l'article 491 du code pénal. Réciproquement tout ce qui n'est pas moral n'est pas nécessairement interdit par le droit.
Par ailleurs, dans d'autres domaines, le Droit règle des relations où la morale tient sa langue. Ainsi, qu'une entreprise doive établir tel compte, importe peu à la morale, de même que l'on roule à droite ou à gauche sur la chaussée ! Cela peut s'expliquer par le fait que morale et droit n'ont pas les mêmes objectifs, la première galant à la perfection de l'homme, le second n'ayant pour but que d'organiser la société. Donc, on assiste à un contrat social (J.J Rousseau) dont les clauses sont incarnées par des textes tendants à garantir les droits,libertés et conduites sociales tout en sanctionnant les déviants sociaux.
Enfin, les sanctions du droit et de la morale ne sont pas les mêmes. Alors que le Droit comporte des sanctions concrètes, prévisibles et organisées (nul crime nulle peine sans loi), la morale recourt à des modes coercitifs beaucoup plus nébuleux, diffus et verbeux (comme la pression de la société).
Un philosophe a écrit que droit et morale étaient comme deux cercles concentriques qui avaient un domaine commun et des domaines distincts.
La religion, peut prendre la forme de commandements et elle peut se confondre avec le droit, lorsque l'Etat n'est pas laïc(l'exemple du Maroc). Droit et religion se distinguent aussi par la nature de la sanction : le fidèle rend compte à Dieu, non à l'Etat.
Au Maroc le droit ne se distingue pas nettement de la religion. ce qui donne lieu à une prédominance de l'autorité religieuse représenté par des Adouls(pour les musulman). Mais ce qu'il faut savoir que la religion muslmane ne s'impose pas erga omnes parce que le Maroc garantit à ceux qui n'appartiennent pas à la religion muslmane le respect de leurs droits et en l'occurence le respect de leurs convictions.
En France Il est interdit aux prêtres de marier religieusement deux personnes qui ne se sont pas préalablement mariées civilement. Le mariage religieux n'a pas d'effet civil, mais à l'inverse, il n'est pas dissous par le divorce.Donc mariage civil et religieux sont nettement distincts.
Conclusion:
L'ensemble de ces disciplines a un seul objectif : un besoin éternel de l'ordre mais ce besoin ne doit pas aller au détriment de la necessité du mouvement. Ce qu'il faut rajouter que chaque groupe social peut vivre dans l'ordre, la sécurité le bonheur sans recours à la religion car à notre sens la morale et le droit existaient déjà avant les religions mais personne ne peut nier que les religions ont pu coiffer ces deux disciplines. Donc on assiste à une auto intronisation des religions parmi les autres principes de conduite (Ben cheikh Younes). Cependant aucun monument législatif n'est brevet d'intangibilité ce qui revient à dire ,pour ceux qui prônent que la religion est un mode de gouvernement et d'ordre, que les religions sont inefficaces.